2e Raid de cavalerie Lyon-Vichy, juillet 1904
Source : Armée et Marine –Armes et sports réunis
N°281, 7 juillet 1904
Vendredi après-midi : réunion des concurrents, quartier de la Part-Dieu, composition de 5 groupes de concurrents par tirage au sort..
« Tous les temps de l’épreuve aussi bien sur la route qu’au parcours d’obstacle seront pris par un excellent instrument de précision : le chronosport Lépine. »
LE DÉPART
Les concurrents se sont réunis sur le cours du Midi, samedi matin à Lyon.
A mesure que la ville s’éveille, les curieux se multiplient et, bientôt, deviennent si nombreux, que l’intervention des gardes municipaux à cheval est nécessaire. On admire la forme superbe dans laquelle se trouvent les animaux qui, dans quelques minutes, vont s’élancer sur la très pénible route de Lyon à Saint-Etienne.
Les officiers reçoivent les félicitations de leurs chefs et de leurs amis.
Après un trot d’essai, devant les membres du jury, les concurrents traversent le pont du midi et vont se ranger, par groupes de cinq, sur le quai des Etroits au-delà du pont de chemin de fer.
On remarque particulièrement Choke-Bore, au lieutenant de Beaupuis, et Orléans, au lieutenant Allut.
Exactement à cinq heures, le général Gautrot a donné le signal du départ, et les groupes se sont succédé, de cinq en cinq minutes sur la grande route. Les curieux étaient nombreux pour les voir passer, à la Mulatière, à Oullins, à Saint-Genis-Laval, Brignais et Givors, et les vaillants officiers ont été, maintes fois, vivement acclamés.
L’arrivée
Le contrôle, à Saint-Etienne, se trouvait dans l’enceinte de l’Exposition internationale, place Sadi-Carnot. Lorsque les premiers cavaliers arrivent, le général Gautrot, président de la commission, s’y trouvait déjà, ainsi que les commandants Chêne et Lasson, des 18e et 7e cuirassiers, venus en automobile.
A 9h25, les deux premiers arrivants passent au contrôle. Ce sont, le numéro 1, M. de Gailhard-Bancel, lieutenant au 2e dragons et le numéro 3, M. Loir, capitaine de la 6e division. Ces deux officiers font partie du deuxième peloton, parti de Lyon, à 5h10. Ils ont dix minutes d’avance sur l’horaire prévu. Les deux concurrents tenaient d’ailleurs la tête depuis Saint-Chamond. Cavaliers et chevaux sont en excellente forme. M. le vétérinaire Scharenberger du 30e dragons, examine les montures, qu’emmènent les ordonnances.
Les arrivées se succèdent ensuite, très rapprochées. Le numéro 20, M. de Vilmorin, sous-lieutenant au 7e cuirassiers, arrive troisième à 9h 27m 28s. Il fait partie du premier peloton. Quatrième, le numéro 19, M. de la Vayssière de la Vergne, lieutenant au 30e dragons, à 9h29m18s ; cinquième, le numéro 19, M. de la Sausaie, lieutenant au 30e dragons, à 9h29m2s.
Viennent ensuite, en un seul peloton, les numéros 21,5,14,11, MM. Ceorge, aide-major, au 10e chasseurs, Xambeu, lieutenant au 13e dragons ; Chevrier, lieutenant au 30e dragons de l’Hermite, sous-lieutenant au 30e dragons, à 9h30. Le numéro 24, M. Muller, lieutenant au 8e escadron du train arrive à 9h33m8s. En peloton, les numéros 12, 15, 10, à 9h33m19s. ce sont : MM. de Tricornot, lieutenant au 12e hussards, à Gray ; Lauras, capitaine au 19e dragons, à Vienne ; Delorme d’Alincourt, sous-lieutenant au 11e dragons à Belfort. Le numéro 9, M. du Fau, lieutenant au 10e dragons, arrive à 9h34 ; à 9h35m27s, le numéro 7, M. Pinguet, lieutenant au 10e cuirassiers. A ce moment, il y a 15 arrivés sur 25 partants. Les trois premiers groupes sont au complet, tous sont en bon état.
Arrivent ensuite en groupe, à 9h40m55s, les numéros 2,6,8,17,25,22. Ce sont : MM. Arnuff, sous-lieutenant au 19e dragons ; Allut, lieutenant au 28e dragons, à sedan ; Muguet, lieutenant au 19e dragons ; Allut, lieutenant au 28e dragons, à Sedan ; Muguet, lieutenant au 19e dragons ; de Beaupuis, lieutenant au 16e chasseurs, à Beaune ; d’Aubas, lieutenant au 19e dragons ; Faurit, lieutenant au 11e hussards à Tarascon . A 9h 46m 46s, arrive le numéro 4, M. de Gain, commandant au 19e dragons . Il a été arrêté 2m5s au passage à niveau de Rive-de-Gier. Son retard sera réduit. A 9 h 50m 20s, arrivent enfin les brassards 13 et 23. Ce sont : MM. Halter, lieutenant au 12e hussards et de Lassence lieutenant au 20e dragons. Le numéro 16, M. de La Boissière, lieutenant au 11e chasseurs, à Beaune qui a annoncé son intention de ménager sa monture au début, fait son entrée au petit galot (sic).A 10 h 5, tous les concurrents ont fait l’étape dans le temps fixé et ils restent tous qualifiés pour l’épreuve du dimanche.
Nous avons laissé, dans notre dernier numéro, les concurrents du raid national militaire à Saint-Etienne.
Pour plus de clarté dans le compte-rendu de notre épreuve nous en continuerons le récit étape par étape jusqu’à l’arrivée triomphale à Vichy et au succès de la journée finale d’obstacles.
Dimanche matin, à cinq heures, à Saint-Etienne, a té donné le signal du départ, pour la deuxième journée. Cette journée était particulièrement pénible, les officiers devant faire le trajet, Saint-Etienne-Montbrison (33 kilomètres), et Montbrison-Noirétable (44 kilomètres).
Montbrison avait revêtu un caractère de fête, pour recevoir les officiers. La caserne était pavoisée. Au contrôle, installé sur la place du Marché, et présidé par le général Gautrot, on remarquait une foule nombreuse.
Les cavaliers sont arrivés aux heures suivantes :
7h21m8s, Xambeu, lieutenant au 12e dragons ; de la Boissière, lieutenant au 11e chasseurs ; 7h30m1s, de Beaupuis, lieutenant au 11e chasseurs ; 4h30m14s, de l’Orne d’Alincourt, sous-lieutenant au 11e dragons ; Muller, lieutenant au 8e escadron du train ; Lauras, capitaine au 11e dragons ; 7h30m25s, Loir, capitaine de cavalerie à l’état major de la 6e division ; 7h31m42s, de la Vaissière de la Vergne, lieutenant au 30e dragons.
7h35m, Allut, lieutenant au 2e dragons ; 7h28m1s, Muguet lieutenant au 10e dragons ; du fau, lieutenant au 19e dragons ; de l’Hermite, sous-lieutenant au 30e dragons ; Pinguet, lieutenant au 1e cuirassiers ; Arnuff, lieutenant au 19e dragons ; de Vilmorin, sous-lieutenant au 7e cuirassiers ; 7h45m37s, Halter, lieutenant au 2e hussards ; 7h48m55s de la Sauzaie, du 30e dragons.
Les côtes de La Fouillouse, de Supy-le-Comtal, ont été faites à pied, par la plupart des officiers, qui tenaient leurs chevaux par la bride.
A Montbrison, après un repos et un déjeuner bien gagnés, les officiers se sont rassemblés pour le départ, à deux heures et demie. La commission technique avait éliminé deux chevaux : Farandole, à M. de Lavaissière, lieutenant au 30e dragons, et Ecrevisse, au lieutenant Halter, du 12e hussards. Ces chevaux avaient les jambes raides et boitaient légèrement.
A 3h45, le départ était donné.
De même qu au cours de la première partie de l’étape, de nombreuses voitures, des automobiles, des cyclistes étaient échelonnées sur la route très pittoresque d’ailleurs, lorsqu’elle quitte la plaine monotone du Forez et lorsqu’elle traverse les monts du même nom ; mais cette route est , en même temps, pénible. Les côtes y sont plus nombreuses. Vers Couzon, nous avons dépassé deux lieutenants de dragons dont l’un est M. de Gailhard-Bancel, qui grimpent au pas gymnastique une côte de près de deux kilomètres de long. Ils tiennent les chevaux par la bride. Deux postes de secours sont installés par la Commission technique qui parcourt la route en automobile ? On offre aux officiers du café, de la bière ; aux chevaux, des sceaux d’eau (sic), sur lesquels les braves bêtes se précipitent. A Boen-sur-Lignon, toute la population est massée à l’entrée de la ville. Des drapeaux flottent aux fenêtres ; on acclame les cavaliers.
Le premier cavalier arrive à Noirétable à 7 heures 10. La petite bourgade est juchée sur les hauteurs et le passage des officiers est une véritable fête. On a pavoisé, on a sorti les tables de bois blanc devant les cafés.
Les arrivées se sont succédé avec une rapidité et les
concurrents ont franchi le poteau très près les uns des autres, puisque tous se
sont présentés entre 7h10 et 7h40.
Le premier arrivé au contrôle était le lieutenant de Gailhard-Bancel. Il était
suivi de près par les officiers dont les noms suivent :
Lieutenant Arnuff, capitaine Loir, commandant de gain, lieutenant Xambeu, Allut, Pinguet, Muguet, du Fau, de l’Orne d’Alincourt, de l’Hermite, Chevrier, de Tricornot, capitaine Lauras, lieutenants de Beaupuis de la Boissière, de la Sauzaie, de Vilmorin, George, Faurite, de Lassence, Muller, d’Aubas de Gratiollet. Ce dernier est arrivé à 7h40. Tous les concurrents ont effectué le parcours en moins de 3h23, temps maximum prévu pour ce parcours de 44 kilomètres.
Les cavaliers ont fait environ 13 kilomètres à l’heure et ils se sont naturellement efforcés d’épargner leurs montures, afin de pouvoir effectuer plus facilement, le lendemain, l’étape dernière et principale de 61 kilomètres où la vitesse était libre jusqu’à l’arrivée à l’hippodrome de Vichy.
Aussitôt arrivés au contrôle, la Commission a examiné minutieusement les chevaux avant de les laisser emmener par les ordonnances.
LA SOIREE
Noirétable est un bourg aux ruelles étroites, aux maisons serrées sur le flanc d’une montagne qui vient de vivre un soir et une aurore des heures de fièvre, et d’où les officiers du raid Hippique Lyon-Vichy se sont élancés au galop pour la dernière étape de leur course lundi matin.
A neuf heures du soir, dimanche, par les ruelles obscures qu’éclairaient seuls par instant les lumignons fumeux des auberges ouvertes, j’errai le long des maisons de Noirétable, guidé seulement par le dolman clair d’un hussard ou le point brillant du cigare d’un dragon.
Parfois, le bruit d’un cheval s’ébrouant en une écurie, ou faisant résonner le pavé de ses fers devant quelque abreuvoir troublait le silence, et l’on comprenait que l’on était à la veille d’un événement prometteur d’émotions fortes, d’un drame d’énergie et de lutte et les paysans se montraient les concurrents en commentant leurs gestes à voix basse.
Au rez-de-chaussée, dans une salle plus violemment éclairée, voici des chasseurs bleu ciel et des dragons noirs et rouges qui finissent de dîner.
Comme en manœuvre, on a casé les officiers… et les journalistes avec des billets de logement chez l’habitant pour passer la nuit.
Devant moi, passent la haute taille du lieutenant de Beaupuis, qui a déjà gagné une épreuve similaire, puis le lieutenant Allut, affable, gai, content et qui est certainement convaincu qu’il conservera au 28e dragons le challenge gagné à Deauville. Un peu plus loin, le lieutenant Xambeu va jeter un dernier coup d’œil sur sa jument Isis, et tout le monde va rejoindre les draps de toile dure où peu dormiront, nerveux et inquiets avant que l’aube blanchisse à l’horizon.
A onze heures du soir, Noirétable éteignait ses lumières.
Au chant du coq, tout le monde se retrouvait debout.
A six heures du matin, tout Noirétable est sur le pas des portes. Aux rayons d’un soleil déjà chaud les feuilles de chêne du général Gautrot, président du Comité technique, miroitent au milieu d’un groupe d’officiers respectueux qui écoutent.
Ce sont les recommandations avant le départ.
M. le vétérinaire en premier Scharenberger examine les chevaux et le premier peloton de cinq concurrents s’échappe au trot dans la rue qui monte et où des applaudissements éclatent.
Le lieutenant Xambeu prend la tête, le médecin aide-major George, sur un merveilleux demi-sang gris, le talonne, et les cinq cavaliers disparaissent au premier lacet du chemin.
Tour à tour échelonnés s’en vont le second et le troisième groupe ; parmi eux on remarque le commandant de Gain du 19e dragons et c’est pour les jeunes d’un précieux exemple que de voir un officier supérieur prendre part à une épreuve qu exige d’aussi vives qualités physiques.
Enfin voici le quatrième groupe, le plus intéressant de tous, avec les favoris : les lieutenants de Beaupuis et Allut, et le lieutenant Muguet, dont on ne parle guère mais qui soulèvera l’étonnement de tous.
Derrière eux nous filons en automobile sans attendre le cinquième peloton.
Les premiers ont déjà sur nous une belle avance ; mais à soixante à l’heure par une route effroyable de lacets et de précipices, nous les rejoignons peu à peu, voici de Beaupuis, impassible au galop de chasse, Allut toujours de bonne humeur et qui a déjà devancé son groupe avec Muguet.
Tous les concurrents galopent sur les bas côtés de la route et de toute part, dans les campagnes, les paysans sont venus au bord de leurs champs pour voir les uniformes de leur chevauchée.
Enfin, nous atteignons les premiers ; Xambeu, qui ne veut point lâcher la tête laisse aller sa monture et l’aide-major George le suit comme son ombre.
Des automobiles les précèdent ; plus forte, notre voiture les devance. Une poussière lourde et étouffante se lève du sol en nuage opaque, et tombe dans les naseaux des chevaux qui renâclent, et dans les yeux des malheureux qui les suivent.
Pour sortir de cette asphyxie nous pressons notre allure est c’est à notre tour de « sucrer » les véhicules dans notre sillage.
« Sucrer » est le terme le plus exact que l’on puisse employer.
A Tiers, en pleine côte, au milieu de la population enthousiaste et pressée, nous nous arrêtons devant un poste de secours, car nous avons un pneu crevé qu’il faut réparer tout de suite.
Thiers est la ville la plus pittoresque du monde, et par ce matin de juillet, un soleil admirable y fait éclater l’étoffe brillante des uniformes, car voici Xambeu et George qui arrivent. De l’eau vinaigrée coule sur les naseaux des bêtes, cependant que les lieutenants avalent en hâte une tasse de café. En voltige les voilà de nouveau en selle et ils s’envolent sur le chemin au trot aisé de leurs chevaux dans la côte qui est déjà rude.
De nombreuses voitures les suivent. Le général Gautrot est dans l’une d’elles, suivant de près l’épreuve.
Voici le capitaine Lauras qui, pour soulager sa monture la tient par la bride et grimpe la montée d’un pas gymnastique que ne désavouerait pas un coureur pédestre entraîné.
On sait en effet que, dans de pareils concours, le cavalier doit avoir presque d’aussi bonnes jambes que son cheval et que la victoire est toujours revenue à celui qui savait courir souvent à pieds aux côtés de sa bête.
D’autres passent encore, hussards, cuirassiers, chasseurs ou dragons. Le lieutenant Muguet et son cheval Diligent sont merveilleux d’aisance cependant que l’infortuné lieutenant de Beaupuis est obligé de faire référer Choke-Bore son alezan qui couche les oreilles et cherche à mordre, ce qui, pour lui paraît-il, est signe de bonnes dispositions.
Enfin, notre pneumatique est remplacé, mais nous avons
perdu sur les premiers quarante minutes. Il faut les reprendre et nous
démarrons.
Nous voici à toute vitesse entre 60 et 70 kilomètres à l’heure. Nous prenons les
virages – et il y en a à angle droit presque tous les 50 mètres – comme Théry
dans le Taunus. A ce jeu, l’accident menace. Nous l’éviterons par le sang froid
du mécanicien. Il veut serrer ses freins à u tournant, mais de l’huile qui
s’est infiltrée les rend inefficaces. Nous grimpons un talus à droite dans un
dérapage insensé. La voiture est redressée sur deux roues, nous frôlons un arbre
pour être rejetés à gauche sur une autre qui garde le précipice.
De Charybde en Scylla ! Un coup de volant décisif nous sauve encore, nous voilà au milieu du chemin, et à la même allure nous volons dans la poussière.
Le moteur ronfle dans la pureté du matin au flanc des montagnes. Aux passages à niveau les chronométreurs qui prennent le temps des concurrents arrêtés par les barrières, nous lancent des hurrahs et, en coup de vent, nous reprenons contact avec les cavaliers de tête.
Le lieutenant Muguet et son pur sang ont rejoint Xambeu et George. Nous avons passé la silhouette désolée de de Beaupuis sur Choke-Bore dont les fers ne tiennent pas.
Toujours sur les bas-côtés de la route, Muguet, Xambeu et George, s’en vont d’un train régulier, l’un suivant l’autre. D’une cadence rythmée, leurs bêtes galopent avec aisance et le premier retient la sienne à plein bras. Il y a déjà 50 kilomètres de couverts à près de 24 kilomètres à l’heure, et ce résultat est simplement stupéfiant.
Les trois cavaliers n’ont pas l’air de chercher à se lâcher. Il paraît seulement qu’à l’entrée de Vichy leur lutte fut plus âpre.
Je ne la vis point, je les attendais sur l’hippodrome de la Société Hippique, ils y arrivèrent de front.
Sur la piste, Xambeu fut le premier distancé et George entama avec Muguet un combat épique à la cravache. Au milieu des applaudissements, le médecin George passa le premier d’une longueur.
- Quel honneur pour le corps, s’exclamèrent derrière nos deux jeunes parements de velours rouge.
Muguet à peine descendu de cheval, découvre que ce dernier boite bas. L’excellente bête s’était froissé un tendon sur le sol particulièrement dur de la ville.
Et cela a coûté la victoire finale à son cavalier.
Si le lieutenant Muguet, parti un quart d’heure après les deux officiers qu’il avait rattrapé, avait fini sans lutter pour le vain honneur de passer en tête devant un poteau qui n’indiquait rien qu’un signal de bravos, il aurait conservé une bête en parfait état pour le parcours d’obstacle final, et n’aurait pas vu son cheval éliminé par la Commission technique.
Le général Gautrot dit devant moi à ce moment M. Caze de Caumont le distingué sportsman qui constatait ce fait.
- Qu’auriez-vous fait à sa place ?
Et M. Caze de Caumont avec franchise lui répondit :
- Sans doute la même chose à son âge !
C’est la meilleure excuse du lieutenant Muguet.
Derrière ces premiers arrivés, le capitaine Lauras a fait une course merveilleuse de sang-froid et de calcul, et le lieutenant Allut finissait avec sa jument Orléans dans une action étonnante.
Le lieutenant Muguet et le lieutenant Allut, partis dans le quatrième peloton se classent dans cet ordre pour les premières places du parcours sur route.
On verra plus loin le résultat final de l’épreuve mais tous les sportsmen déploreront avec moi que le lieutenant Muguet n’ait pas conservé intact l’animal merveilleux – et presque unique, disent les connaisseurs – qui l’avaient amené premier à Vichy.
Voici maintenant le classement de chaque officier pour cette dernière étape à allure libre, y compris le parcours Lyon, Saint-Etienne, Montbrison et Noirétable.
Diligent, à M. Muguet, lieutenant au 19e dragons, 13h2m8s
Orléans, à M. Allut, lieutenant au 28e dragons, 13h4m24s
Coup de Soleil, à M ; Lauras, capitaine au 19e dragons, 13h7m25s
Doucheur, à M. du Fau, lieutenant au 19e dragons, 13h8m25s
Enimir, à M. de Sauzay, sous-lieutenant au 30e dragons, 13h12m25s
Frimas, à M ; George,médecin major au 10e chasseurs, 13h12m32s
Isis, à M. Xambeu, lieutenant au 13e dragons, 13h13m49s
Cafre, à M. de Gailhard-Bancel, lieutenant au 2e dragons, 13h16m43s
Hilda, à M. de Lassence, lieutenant au 20e dragons, 13h23m57s
Ecrevisse, à M. de Tricornot, lieutenant au 12e hussards, 13h33m14s
Guérande, à M. Arnuff, lieutenant au 19e dragons, 13h38m46s
Brin d’Espoir, à M. Loir, capitaine d’Etat-major, 13h41m16s
Triomphe, à M. Fauritte, lieutenant au 11e hussards, 13h41m55s
Radis Gras, à M. d’Aubas de Gratiolet, lieutenant au 13e dragons, 13h46m57s
Gilet, à M . de Vilmorin, sous-lieutenant au 7e cuirassiers, 13h47m26s
Jabadao, à M. de Gain ; chef d’escadron au 19e dragons, 13h49m8s
Roméo II, à M. de la Boissière, lieutenant au 11e chasseurs, 13h55m34s
Eglantine IV, à M. Chevrier, lieutenant au 30e dragons, 14h8m42s
Fretillariat, à M. Pinguet, lieutenant au 10e cuirassiers, 14h20m9s
Choke-Bore, à M. de Beaupuis, lieutenant au 16e chasseurs, 14h46m58s
Carat, à M. de L’Hermite, sous-lieutenant au 30e dragons, 15h2m59s
Ibrahim, à M. Muller, lieutenant au 8e escadron du train, 15h16m21s
Et maintenant que cette première partie de l’épreuve s’achève dans notre compte-rendu, il convient de dire quelques mots des voitures automobiles qui furent nos précieuses collaboratrices.
Voici d’abord la merveilleuse voiture Berliet de Lyon qui a permis à nos photographes, MM. Rol et Tresca, de prendre à tout instant les clichés qui illustrent ces pages. Conduite par un excellent mécanicien, M. Mary, la « Berliet » a été partout, du premier au dernier des concurrents, circulant sur la route et se trouvant toujours où il convenait d’être.
Du reste, cette voiture était vendue à Marseille où elle s’est rendue sitôt après le Raid, et où son acheteur lui a fait accomplir de suite 360 kilomètres en 6 heures. C’est une 20-chevaux, 4 cylindres à allumage par magnétos, 4 vitesses du type commercial courant.
Une mention aussi à la voiture Rochet-Schneider, de Lyon, qui a fait également un service des plus durs, assurant le transport de M. Bruneau de Laborie, directeur de notre partie sportive, et allant porter partout les chronométreurs à leur place, pour les reprendre ensuite.
Les qualités des Rochet-Schneider sont universellement
connues. Elles se sont une fois de plus affirmées….